Je m’appelle Monique, j’ai 37 ans. Je vis en France et depuis que je le peux, j’ai toujours travaillé dans l’hôtellerie et le tourisme. J’ai toujours voyagé et j’ai ainsi rencontré mon mari. Depuis la naissance de notre premier fils, j’ai arrêté les voyages et j’ai travaillé dans les bureaux de cette même entreprise. J’y étais même Assistante de direction pendant quelques années.  J’avais une  situation, des responsabilités ..

Mais à la naissance de notre second fils, lorsque nous avons appris sa maladie et son handicap, il a fallu faire des choix. Pour moi il était évident que rien d’autre ne comptaient que mes enfants. J’ai donc pris mon  congé parental pour suivre notre fils, être là pour ses rendez-vous et prendre soins de notre famille face à tout cela. Ma carrière passait après l’équilibre de ma famille.

Est-ce le bon choix ou pas, je ne sais pas, mais je voulais être là, présente pour mes enfants. Que ce soit pour notre fils ainé ou notre cadet.

Puis les trois années de congé parental ont passé mes droits arrivés à termes, il a fallu trouver une solution et repenser à reprendre mon activité professionnelle.

Nous avons dû d’abord trouver une solution de garde pour notre fils et de ce fait  il a été admis dans un centre pour polyhandicapés, non loin de mon bureau.

Nous avons fait le nécessaire pour que je puisse reprendre mon activité et que chaque horaire corresponde. Je n’ai donc repris le travail qu’à temps partiel pour être le mercredi avec les enfants et continuer de suivre les rendez-vous.. Mais trois ans d’absence c’est long dans une entreprise. Il se passe beaucoup de choses en autant de temps. Chose que l’on en réalise que le jour où l’on reprend son activité. Je n’ai pas retrouvé ma place dans l’entreprise et croyez-moi, après avoir vécu ce que j’ai vécu en trois ans, on s’attend à tout sauf à cela..

J’ai dû réapprendre l’activité de ce nouveau service.. J’avais l’impression de faire partie des nouvelles. C’était la véritable douche froide le premier matin.. je me réjouissais, après trois ans de combat face à la maladie, de retrouver  mon activité, revoir mes collègues et retrouver surtout un semblant de vie normal.. un peu comme si le temps c’était arrêté trois ans.. Mais le réveil en arrivant au bureau a été difficile..

J’en ai pleuré en voiture pendant des jours en me demandant comment c’était possible.. il  est encore moins évident de voir surtout que c’est la personne que vous avez formé qui est maintenant à votre place..

Je pensais vraiment que ma direction avait compris ma position. C’était une véritable douche froide. Mais il fallait faire face.. Ce nouveau poste et cette formation collait mieux à mon temps partiel  et mes horaires.. Mais moralement c’était difficile. C’était l’incompréhension totale. J’avais tout perdu. Je réalisais surtout que je ne retrouverais jamais un semblant de vie normale.

Et puis une année a passé et je dois dire aujourd’hui que pour mon bien être, celui de notre famille et surtout de notre fils handicapé, ce poste aujourd’hui me correspond bien mieux.

Mes enfants et surtout les soins de mon fils handicapé  passeront  toujours avant mes choix de carrière. Et si ce choix était à refaire, je n’hésiterais pas une  seconde et referais le même choix.

Il n’y a rien de plus important que ma famille.

 

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