C’est une question qui revient plutôt souvent, les gens ne comprennent pas  notre choix, à ma conjointe et moi. Toute l’histoire débute il y a 17 ans….

Il y a 17 ans, mon premier enfant vient au monde, une parfaite petite fille qui fait néanmoins fondre le cœur de son père. Ces 7lbs d’amour (Raphaelle) ont changé ce jeune homme que j’étais en un jeune papa sensible et aimant.

Puis le miracle se produisit à nouveau deux ans plus tard avec l’arrivé d’Antoine! Tout allait bien jusqu'à ce que l’on se rende compte qu’a deux ans, Antoine ne semblait pas bien aller du tout. Nos pires craintes se sont réalisées : Leucémie lymphoblastique aigue à risques standards. Je restais positif malgré les deux ans de traitement qui attendaient notre fils. Nous avons appris à profiter de l’instant présent, à dire ‘’il n’a seulement qu’une leucémie’’ car d’autres  étaient dans des situations encore pires que celle d’Antoine. Je me souviens même avoir dit à ma conjointe de l’époque : «Nous sommes chanceux, nous avons deux ans d’épreuves, les pronostiques sont excellents… D’autres  ont des enfants avec des handicaps ou des maladies permanentes!»

Ha, si seulement j’avais su…

Les épreuves de ce genre étant difficiles pour les couples, le mien ne faisant pas exception à la règle, la mère des mes enfants m’a quittée. J’ai alors rencontré ma conjointe actuelle qui a débarqué dans ma vie avec une jolie petite fille de 4 mois (Aurélie) que j’ai prise comme ma propre fille. À  vrai dire, je l’ai adoptée, mon cœur battait autant pour elle que pour mes enfants biologiques. Antoine étant en rémission, nous avions retrouvé le bonheur ma conjointe et moi et avons décidé d’agrandir notre belle famille. Un nouveau petit garçon du nom d’Alexandre vint donc au monde un peu plus de deux ans après que j’eu rencontré ma conjointe (Karine).

Je croyais bien ma famille terminée, mais à la surprise de tous, j’eus envie d’un nouvel enfant avec ma conjointe six ans après la naissance d’Alexandre! On a dû attendre deux ans avant que notre souhait soit exhaussé.

C’est ici que l’histoire débute vraiment. En décembre 2011 nous apprenons la bonne nouvelle! Nous sommes comblés! Puis, quelques mois plus tard, environs à la 20e semaine de grossesse nous apprenons que quelque chose cloche. Les ventricules au cerveau de Jacob sont un peu plus gros que la moyenne et nous devons investiguer. C’est à partir de ce moment que nous débutons notre périple avec la peur et le stress comme amis. Nous avons donc effectué des voyages de plus de 800km en moyenne au trois semaines pour aller dans un hôpital pédiatrique où l’on passait d’une bonne à une mauvaise nouvelle en un clin d’œil! Les rendez-vous se multipliaient et nous ne savions toujours pas ce qui clochait réellement. Puis, à la 29e semaine, ma conjointe eut une IRM. À la 30e semaine, nous avons reçu un appel de la secrétaire qui nous demandait de prendre un rendez-vous alors que l’on croyait que tout était sous contrôle. Notre monde a basculé à nouveau. Jacob (nous avions choisi son nom à ce stade) avait une grave anomalie au tronc cérébral. Selon les médecins, Jacob n’arriverait pas à respirer ou manger par lui-même, son rythme cardiaque serait impossible à contrôler, Jacob allait mourir, au mieux, il allait être très lourdement handicapé, quasi végétatif. Entre la 30e semaine et le moment de sa naissance, les médecins nous ont offert au moins une dizaine de fois de mettre fin à la grossesse. Attention, on ne parle pas d’avortement ici, on parle d’une injection de potassium qui va tuer Jacob suivi d’un accouchement naturel!

C’est ce processus que les gens ne comprennent pas, nous connaissions les risques… Mon cheminement personnel des 17 dernières années m’a permis de conclure que la décision ne nous appartenait pas, que la nature ferait ce qu’elle avait à faire si Jacob n’était pas assez fort. Nous n’aurions pas sa mort sur la conscience, nous ne nous demanderions pas s’il serait capable de faire ceci ou cela si nous aurions choisi autrement. Puis Jacob nous fit une surprise en se pointant le bout du nez à 35 semaines! Capable de respirer tout seul, de boire au sein, son cœur allait bien aussi… Jacob a fait le plus beau pied-de-nez aux spécialistes! Ils se sont tous trompés. Et pour la 5e fois, je fus papa, fier d’avoir pris cette décision avec ma femme, car de voir toutes ses petites victoires à tous les jours m’emplis d’un immense bonheur.

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