Lorsque le handicap de notre fils a été confirmé, il a fallu faire des choix de vies. Pour moi, il était évident que je n’allais pas le confier à une garderie ou une nounou.

Avec mon mari, nous avons  de suite décidé que j’allais  prendre un congé parental pour pouvoir ainsi assumer ses rendez-vous, séances de rééducation…. J’ai passé trois belles années auprès de mon fils.

Je l’ai accompagné partout et j’apprenais en même temps les soins à lui faire. Mais trois années ont vite passé et il a fallu se rendre à l’évidence que notre fils ne pourrait être scolarisé comme les autres enfants de son âge. Il a fallu trouver une solution de garde qui puisse à la fois le sociabiliser  et lui procurer des activités, mais aussi suivre ses divers soins de rééducation. La solution était alors évidente pour le centre qui nous accompagnait.

 Il faut lui trouver une place en centre pour polyhandicapé.. Pas évident pour des parents à encaisser. On voudrait tant qu’il puisse faire son entrée en maternelle. Mais il fallait rester réaliste, c’était impossible pour Jules et il n’aurait pas été bien.

Nous avons alors entamé des démarches et recherches pour trouver le centre qui serait bien pour lui, et qui convenait aux besoins de notre enfant. Il est si difficile de choisir quand on est dans l’inconnu. Un long parcours de visites, d’entretiens a  alors commencé.

Et nous avons pu découvrir un autre monde, une autre vie… Dans ces milieux aussi il y a de tout et le choix n’est pas toujours évident à faire.. Les rendez-vous s’enchainaient et il fallait à chaque fois justifier notre demande, raconter notre vie, exposer Jules à tous ces inconnus.. ce n’est pas simple toujours de se sentir jugé..

Et puis un matin, de décembre, la visite  fut la bonne.. un centre pour polyhandicapés, lumineux, clair, rassurant, des gens  sympathiques, chaleureux, compréhensifs.... Ce fut le bon rendez-vous.. On s’y sentait de suite  bien et on savait que Jules y serait bien.. Ca se sentait, ça se voyait.. et se fut de suite le déclic..il y est donc entré le jour même de ses 3 ans.

Quelle émotion pour une maman de devoir mettre son petit dans le bus et le laisser partir vers quelque chose qui était inconnu pour nous.. Que l’attente était longue jusqu’à son retour pour savoir s’il allait bien et si tout se passait bien..Même si au fond de moi, je savais que c’était le bon choix, il est toujours difficile d’attendre sans savoir. Et puis le soir venu, lorsque le bus est arrivé, la récompense de tant d’angoisse, un sourire sur le visage de Jules.

On voyait qu’il avait passé une bonne journée. Et au fil des jours, il montre son impatience de partir en bus, sa joie quand on lui dit qu’il va aller à l’école, car au fond c’est un peu son école. Il y a déjà appris tant de choses depuis un an. Nous y avons rencontré des gens si gentils, si attentionnés.. Mais c’est aussi et avant tout un autre monde.

Et il faut avant tout se protéger lorsque l’on y va en visite car bien souvent on en sort avec de la peine. Non pas seulement pour votre enfant, mais de la peine pour tous ces jeunes qui sont là, parfois dans des situations encore plus graves que la vôtre..

 Ces enfants me touchent à chaque fois que j’y vais en visite ou que je les vois dans le bus..  Et chaque jour, je fais la part des choses entre noter vie et … cet autre monde.. et je remercie le ciel de la chance que nous avons.. 

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