Comment donner une réponse à cette question? Ayant moi-même un enfant différent je sais comment ça fonctionne dans la tête des parents ou du moins, dans la tête de plusieurs. Lorsque l’on a un enfant malade, on se questionne. Pourquoi ça nous arrive à nous? Qu’ai-je fait? Qu’est-ce qui a bien pu causer tout ça? L’être humain est ainsi, ça nous prend un coupable…

 

           Lorsque mon plus garçon ainé a eu la leucémie, nous avons blâmé l’utilisation des pesticide au Québec qui a fait un bond de 600% d’augmentation d’utilisation entre 1990 et 2000. Mais pour Jacob, nous n’avons pas de confirmation pour un élément extérieur. Nous sommes donc venus à une conclusion  simple : Soit ses gênes ont mutés tous seuls, soit il a eu un accident vasculaire-cérébral durant la gestation, soit sa mère et moi somme porteurs d’un gêne mutant.

         C’est avec la dernière option qu’il  y a un problème : Si nous avons un nouvel enfant, devrons-nous vivre cette épreuve une nouvelle fois? Ou peut-être même affronter la mort du nourrisson? Voilà la question que tous les parents n’ayant pas terminé leurs familles doivent se poser dans une telle situation! Ensuite, viennent toutes les questions du genre : Si nous en avons un autre, aurons-nous les nerfs assez solides pour supporter l’épreuve? Ou même simplement assez solides pour attendre le diagnostic qui révèlera si le nouvel enfant aura oui ou non la même anomalie génétique?

         Juste d’y penser, j’en ai mal au cœur. Je ne suis pas un grand spécialiste en génétique mais en gros, on nous a dit que si nous avions envie d’avoir de nouveaux enfants, si c’était une fille, elle ne devrait pas avoir l’anomalie. Si c’était un garçon et que c’était bel et bien génétique, il aurait environ 50% de chance d’être comme Jacob. Donc en théorie, une chance sur quatre…

Mais observez bien le choix de mot du médecin si c’est une petite fille. Elle ne devrait pas… DEVRAIT! Il y a donc une possibilité! Sinon, il n’aurait pas utilisé ce verbe! Il aurait plutôt dit elle n’aura pas! Il aurait été plus catégorique! Que d’incertitudes pour les parents qui sont déjà confrontés à une réalité ou l’incertitude occupe déjà beaucoup de place.

Puis il y a d’autres questions aussi, mais celles-là, tous les parents se les demandent lorsqu’ils décident d’avoir un nouvel enfant : Vais-je avoir assez d’énergie, de patience, de temps ou même d’argent pour m’occuper du bébé naissant et de celui ou ceux que j’ai déjà? Je me le suis demandé à chacun de mes 5 enfants. Avec Jacob dans nos vies, je me le redemanderais certainement encore si nous décidions d’avoir un autre enfant. C’est que nous avons une très grande responsabilité envers lui,  nous n’avons pas le droit à l’erreur.

Je n’ai pas la prétention de vous dire si oui ou non vous devriez vous lancer dans l’aventure. Je dis simplement que ce questionnement est  tout à fait normal. Pour une fois qu’on peut dire que les parents d’enfants différents sont « normaux » de se questionner! Puis, si ça peut expliquer au reste du monde ce que nous vivons….

Things you might like

Other articles you might enjoy...

Survey icon

Public Opinion…

Why do you blog?